José Carlos Agüero au lycée Hippolyte Carnot :
une leçon de mémoire, de pensée et d’humanité
Ce lundi 24 novembre 2025, dans le cadre du festival Belles Latinas organisé par l’association Nouveaux Espaces Latinos et du dispositif régional « Jeunes en librairie », le lycée Hippolyte Carnot a accueilli l’écrivain, poète et historien péruvien José Carlos Agüero, figure incontournable de la réflexion sur la mémoire du conflit armé péruvien.
Une rencontre dense, grave, mais d’une grande humanité, devant soixante-cinq élèves de Première et Terminale Euro Espagnol ainsi que des spécialités HLP, HGGSP.
Pour ouvrir la rencontre, plusieurs élèves de la section euro ont souhaité la bienvenue à l’auteur en espagnol et présenté son livre. Ils ont rappelé les éléments essentiels de sa biographie : historien, poète et fils de deux militants du Sentier lumineux, José Carlos Agüero est aujourd’hui l’une des voix les plus importantes pour comprendre les conséquences humaines du conflit péruvien. Ce moment d’oralité fut l’occasion, pour toute la salle, d’entendre un espagnol fluide, authentique, loin des supports scolaires habituels : une immersion rare et précieuse.
Face à un sujet aussi douloureux, les élèves ont naturellement choisi l’écoute. La parole d’Agüero, précise et profondément réfléchie, s’est imposée comme un temps de réflexion. A la question « Les mots ont-ils le pouvoir de réparer les blessures des victimes de la guerre ? » José Carlos Agüero a répondu que l’écriture ne guérit pas, qu’il ne s’est pas senti mieux après avoir écrit. Pour l’historien, écrire permet de penser, de mettre en mots l’indicible, d’aider la société à regarder son passé en face et de débattre. Il a rappelé que pour comprendre une guerre, il faut accepter la complexité, les responsabilités partagées et les contradictions humaines.
Les élèves ont écouté un auteur capable de dire la violence sans la simplifier, le traumatisme sans le transformer en récit héroïque ou en leçon facile. Ils ont découvert un regard qui questionne la justice, la mémoire et le pardon.
Maryline Dubruc
Professeure d’espagnol
Lycée H. Carnot - Roanne